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    La pornographie au Japon

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    Eden
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    Date d'inscription : 03/08/2012
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    La pornographie au Japon

    Message par Eden

    La pornographie japonaise se distingue de la pornographie relevant d’autres cultures, en particulier occidentale, par différentes caractéristiques, l'une des plus fréquentes consistant en la mise en scène d’écolières soumises et liées. Les films ont souvent été traduits et exportés vers le monde occidental, accréditant la réputation sado-masochiste (principalement axée sur les jeunes) de l’érotisme japonais.

    La pornographie japonaise s'est diversifiée afin de répondre à des besoins variés. Cette diversification s'est faite pour trois raisons:
    - distraire en développant des moyens d'expression qui n'existaient pas encore,
    - occuper des places laissées vacantes sur le marché,
    - contourner la censure.
    Ni le conservatisme religieux ni le féminisme n'ont été un frein déterminant dans la pornographie au Japon. En effet, la mythologie japonaise, connue par la suite sous le nom de Shinto, déculpabilise la sexualité : un acte sexuel est considéré comme un acte de joie sans connotation de culpabilité ou de péché.

    Législation et censure

    Le tabou religieux et social stigmatisant la nudité a été historiquement plus faible au Japon qu'en occident. Les livres érotiques détaillant des actes sexuels sont en vente courante pendant toute l'époque d'Edo (1600-1868). Hommes et femmes se baignent couramment en public jusqu'à l'ère Meiji et même au-delà alors que, pour la civilisation occidentale, la nudité et à fortiori la nudité en public étaient mises à l'index. Ce n'est qu'après l'ère Meiji que la nudité a été stigmatisée au Japon. L'extrême nudité montrant les parties génitales est prohibée et poursuivie (sauf dans les bains publics). Il n'y a, pendant cette période, que deux plages ouvertes au nudistes, toutes deux privées.

    Au Japon, l'article 175 du Code Pénal qui punit d'emprisonnement et/ou d'amende quiconque vend ou distribue du matériel « obscène ». Définir ces fameux éléments « obscènes » a fait couler beaucoup d'encre au siècle dernier. Il est habituel dans les publications pornographiques de masquer tout ou partie des organes génitaux par un rectangle noir. Les films ou vidéos appliquent une pixellisation sur les régions pubiennes au cours des scènes explicites. Certaines bandes vidéos ne sont pas censurées, il s'agit dans ce cas de films tournés par des sociétés étrangères avec des actrices japonaises.

    Jusque dans les années 1990, la région pubienne entière, y compris les poils pubiens étaient réputés obscènes et non publiables. Waterfull and Santa Fe de Kishin Shinoyama est la première publication à transgresser la législation en montrant les poils pubiens. Beaucoup de producteurs adhèrent alors à des groupes d'éthique et décident de ce qui est acceptable ou pas. Biderin et EOCS (Ethics Organization of Computer Software) et CSA (Contents Soft Association) sont deux exemples de ce type d'associations. En 2007, la police commence à poursuivre les « webmestres qui autorisent la présence de photographies de nus non censurées sur leur site » . De récents aménagements autorisent à montrer la pilosité pubienne et les organes génitaux dans un but d'enseignement.

    Il est tout aussi illégal d'importer des objets pornographiques au Japon. Les douaniers recherchent systématiquement les bandes vidéos dans le courrier international et les bagages à main. Dans des cas extrêmes et répétés, les contrevenants encourent des amendes mais se voient, en général confisquer leurs objets de contrebande. L'application de la loi est devenue plus stricte et plus de contrevenants se sont fait arrêter ces dernières années dans le cadre de la lutte contre le commerce de la drogue et le terrorisme.

    Il existe aussi, vendue en cachette, une pornographie en plein développement appelée urabon qui ignore la censure. Ce genre prévaut spécialement sur Internet car il n'y a aucun mécanisme qui empêche sa diffusion depuis d'autres pays que le Japon. Ce n'est que le 1er novembre 1999 que ce pays a édicté des lois répressives dans le but de ne pas contrevenir à celles existantes dans les pays occidentaux. Depuis lors, la pornographie mettant en scène de jeunes adolescents/adolescentes a été limitée aux lolicon et shotacon. Les lolicon restent actuellement un commerce très lucratif estimé, selon le Japan Times, à trois millions d'albums pour la seule année 2006-2007.

    Le 15 décembre 2010, le gouvernement de Tokyo vote une réglementation limitant aux plus de 18 ans les mangas et animations où sont représentées des scènes de sexe trop violentes (inceste, viol, pédopornographie). Dix des principales maisons d'édition japonaises, dont Kōdansha, Shūeisha et Kadokawa Shoten, s'opposent à cette décision et menacent en représailles de boycotter le Tōkyō International Anime Fair.

    Pornographie et religion

    Il n'y a pas, au Japon de religion au sens que nous donnons à ce mot en Occident. Les différentes religions qui coexistent au Japon sont plutôt des philosophies et dès lors n'opposent pas d'interdits. Elles n'ont pas d'action régulatrice sur la pornographie et ne définissent pas l'immoralité. Leur définition est le fruit d'un consensus dans le pays.

    De plus, la séparation de la religion et de l'État est complète bien avant la prolifération de la pornographie. Au cours de la période Edo, le Shogun Tokugawa a limité les activités des religieux à la célébration les mariages et des enterrements sous le prétexte que le bouddhisme et le christianisme soutiennent les rébellions. Le shogun, reconnaissant le danger que représentait le fanatisme religieux, ferma l'accès de la police aux leaders religieux.

    Pédopornographie

    Ce n'est qu'en 2003 que le Japon a promulgué des lois réprimant la production, la distribution, la vente et la possession de pornographie enfantine, s'alignant en cela sur les pays occidentaux. Il est difficile d'appréhender le chiffre d'affaires généré par l'industrie de la pédopornographie mais le montant total généré par les seuls mangas dépasse les 5,5 milliards de dollars en 2000. Ce chiffre ne représente que le quart des ventes de matériel pornographique au Japon. On estime par ailleurs que 30 à 40 % des mangas renferment des images ayant trait au sexe. Celles-ci peuvent impliquer de jeunes écolières des classes élémentaire ou du début du secondaire dans des scènes de viol, sado-masochistes, et bondage.

    L'âge de la majorité sexuelle étant de treize ans au Japon, ces œuvres ne sont pas illégales.
    Selon la police nationale, 935 cas de pédopornographie ont été recensés en 2009, soit une hausse de 38,3 % par rapport à 2008. Ces cas concernaient 411 enfants âgés de moins de 18 ans (+ 21,6 %), chiffre le plus élevé depuis le lancement de statistiques en 2000. 650 personnes ont été déférées à la justice, dont seize parents de victimes. 507 affaires ont été repérées via Internet, soit près du double qu'en 2008. En 2010, 1 342 cas ont été comptabilisés, impliquant 618 mineurs. En 2011, 1 455 cas ont été comptabilisés, impliquant 638 mineurs, dont 105 ayant moins de douze ans.
    En 2010, la peine maximale encourue pour les producteurs ou trafiquants de pédopornographie était de cinq ans de prison et cinq millions de yens d'amende. En mai 2010, un projet de loi est en cours de présentation à la Diète du Japon visant à faire disparaître les images et vidéos de pédopornographie sur Internet.

    Culture du sexe et pornographie

    La pornographie est, au Japon, culturellement mieux acceptée qu'en occident. Souvent, des scènes acceptables pour un japonais sont intolérables dans notre civilisation et montrées sans même une mise en garde. Par exemple, dans un épisode récent de Dragon Ball, afin de trouver un adversaire invisible, Bulma est représentée dépoitraillée, faisant saigner abondamment du nez le maître Tortue Géniale (signe de l'excitation) et aspergeant l'homme invisible de son sang.
    L'érotisme japonais utilise les mêmes thèmes que son homologue occidental comme, par exemple, rapports homo et hétérosexuels, sexualité de groupe, orgies, bondage, fétichisme sexuel.

    Subdivision de la pornographie

    Existant depuis des temps reculés, la pornographie s'est beaucoup développée depuis la promulgation des lois la censurant. Actuellement, elle est devenue extrêmement importante dans le pays avec une diversification des genres destinée à satisfaire une variété de demandes d'excitation sexuelle.

    - Aka-chan play (litt. « jouer au bébé »). Ce genre fait régresser les personnages à la prime enfance au cours de laquelle ils dépendaient totalement de leur mère et n'avaient aucune responsabilité.
    - Virtual Date (litt. « rendez-vous virtuel »). Ce genre se place du point de vue du petit ami. L'actrice l'entraîne à un rendez-vous virtuel qui est l'occasion de scènes de sexe.
    - Poupée-cassée, sous-genre du fétichisme médical. Ce genre dépeint de jeunes personnes sur un lit d'hôpital, ligotées, frappées, recouvertes de gaze et de contusions simulées. Viol et bondage en sont habituellement l'aboutissement.
    - Burusera (litt. attirance [sexuelle] pour le sous-vêtement). Les admirateurs du genre collectionnent les slips, chaussettes et tenues d'écolières.
    - Chikan (litt. « conduite perverse ») : implique des personnes (habituellement des hommes) qui payent pour s'asseoir sur une estrade aménagée en car ou en compartiment de train et se soumettre au frotteurisme.
    - Enjo kōsai -- Ce genre s'applique au marché d'amateurs de jeunes filles âgées de 13 à 18 ans (l'âge de la majorité sexuelle étant de treize ans au Japon, cette activité n'est pas illégale).
    - Gōkan play (« scènes de viol ») : ce genre montre des scènes de viol simulé.
    - Lolicon (abrégé de « lolita complex ») : met en scène des écolières de l'enseignement secondaire.
    - Ningyō (« poupées »). Beaucoup d'adeptes de dessins animés aiment s'amuser avec des poupées représentant leur personnage favori.

    Dôjin

    Dōjin (litt. « Travaux d'admirateurs »), sont des imitations d'animes, jeux et mangas en vogue à ce moment. Ils sont édités en violation des droits d'auteurs et leurs auteurs peuvent être poursuivis. En général, le propriétaire des droits, préfère ignorer l'existence de Dōjin. En effet, la vente de ces copies étant représentative du nombre de consommateurs ; elle permet de mesurer l'audience qu'a l'œuvre originelle dans la population et son évolution dans le temps. Il est habituel pour un dōjinshi de représenter des mineures connues sous le nom de lolicon.

    Anime

    Les dessins animés érotiques - connus, au Japon, sous le nom de adult anime et, en occident, sous le vocable d’hentai, même s'ils peuvent servir à qualifier des comportements comme le sadisme ou l'inceste, n’ont pas nécessairement de connotation sexuelle.

    Eroge

    Les jeux vidéo destinés aux adultes sont populaires au Japon. Ils représentent quelque 25% de la totalité des programmes édités annuellement (statistiques de janvier 2007). Ce genre est peu connu hors du Japon en raison en raison de problèmes culturels et de traduction mais il est très bien connu des internautes et souvent copiés illégalement pour être présentés comme des « dessins animés pour adultes ». Connus sous le nom de « jeux bishōjo » (litt. « jeux de belles jeunes femmes ») au Japon, ils portent, en occident, divers noms : hentai, jeux eroge, etc. Certaines firmes (Peach Princess, Jast USA et G-collections) traduisent et adaptent les jeux de simulation et les « visual novels », en anglais. Elles sont produites pour le marché étranger et intéressent peu les japonais. Les jeux vidéo pour adultes sont classés « 18+ » au Japon par le EOCS ou CSA.

    Manga

    Les mangas pornographiques visent un public aussi bien masculin que féminin. Les mangaka de ce type de publications peuvent être, indifféremment, des hommes ou femmes.
    L’âge de l’acheteur sépare un manga pornographique de celle qui ne l’est pas. S’il n’y a pas d’âge minimum requis, le manga n’est pas pornographique. La plupart des mangas à contenu pornographique sont vendues magasins spécialisés ou/et dans des paquets afin d’éviter qu’elles ne soient regardées par des jeunes mineurs. L’attitude vis-à-vis des publications visuelles touchant à la pornographie est plus rigide que celle touchant à la littérature. Une scène de sexe n’est pas pornographique si elle est nécessaire et pertinente avec la progression du roman. Si la description d’une scène de sexe est décrite uniquement pour le sexe, elle est pornographique. Quoi qu’il en soit, cette façon de voir serait inacceptable pour beaucoup de pays et contreviendrait aux lois sur la censure hors du Japon.

    Un manga destiné à un jeune public peut renfermer quelques images du genre « photos glamour ». Ainsi, Les scènes de personnages nus ou à demie dévêtus couvrant leur poitrine ou/et leur pubis de leurs mains ou d’objets ne sont pas, non plus, considérées comme pornographiques. Elles font souvent partie de séquences comiques.

    Vidéo

    La vidéo pornographie (encore appelée « vidéo pour adultes », « AV » au Japon ou encore « Vidéo japonaise pour adultes ») couvre beaucoup de thèmes. La seule limite qu’elle connaisse est la législation. Elle est avant tout destinée à une population masculine. Ceci a conduit à croire que les actrices interprétant un rôle dans ces films y sont contraintes par quelque yakuza ou qu'elles sont masochistes.

    Beaucoup de vidéos ont un titre qui pourrait faire penser qu’elles mettent en scène des mineurs. En fait, aucun titre mis en vente sous le label « EIRIN », ne contrevient à la loi. Un stratagème courant est de remplacer une partie du titre par un simple signe ou par un néologisme phonétiquement similaire. Par exemple, le titre « partouse de jeunes filles à l’âge de 19 ans » devient « Partouse de filles il y a IX ans ». Le terme joshikosei (女子高生?) ne peut pas être employé car il supposerait que les protagonistes de sexe féminin aient un âge de 17 ans ou moins (ce qui est contraire à la législation règlementant la pornographie). Le vocable de « High-school Girl » étant banni car il supposerait que les protagonistes féminines aient 17 ans ou moins, le néologisme homonyme « school girl » (« étudiante » sans plus de précision) lui est substitué pour rester dans le cadre de la législation.

    Les vidéos destinées aux adultes traitent de bien plus de sujets tabous (dans une civilisation occidentale) qu’on ne pourrait le supposer. Les élèves et autres femmes en uniformes visibles dans les productions AV contreviennent parfois aux règles établies par consensus en présentant un viol, une pénétration suivie d’éjaculation (中出し, nakadashi)), un bondage, des actes bestiaux ou sadiques, des vierges subissant l’acte sexuel contre leur gré et saignant ensuite par leur vagin, des scènes lesbiennes ou sado-masochistes. Tout (ou presque) défile.
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