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    Le shintô : La Voie des dieux

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    Eden
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    Le shintô : La Voie des dieux

    Message par Eden

    Kekare o, (Que les impuretés)
    Harai tamae (soient lavées et)
    Kiyome tamae (que la pureté revienne)”
    Norito (prière) de Yamada Hiro, prêtre shintô

    Origines et bases du shintô

    Le shintô, ou shinagarra, kami no michi, la Voie des dieux, est la religion la plus ancienne du Japon. Il existe des myriades de dieux ou kami (88 millions) car ils représentent toutes les manifestations des énergies de la nature. On prétend qu’au Japon sous chaque pierre se cache un kami, ces derniers étant composés aussi bien d’esprits célestes (comme des dieux anciens) que terrestres (des hommes d’exception - guerriers, artistes…) ayant rejoint ce panthéon.

    Ce sont plus que des dieux, mais des protecteurs qu’il convient de ne pas offenser. Il n’y a pas de dogme à suivre, à part la recherche de la pureté.
    La démarche des Japonais est de participer consciemment à l’harmonie universelle, la pureté du divin, le respect de la nature, en évitant l’impureté, le meurtre, la bassesse, et la laideur. La mort est le tabou ultime, la souillure (kegare) ultime. Les rites de purification ou harae prennent alors toute leur importance. Ils peuvent consister en un nettoyage de la bouche, des mains et des yeux ou la purification sous une cascade ou dans la mer (misogi).

    La pureté est la vertu fondamentale de l’éthique shintô. C’est la pureté à la fois du corps, mais aussi de l’esprit.
    L’au-delà n’est guère évoqué, et n’est pas le souci des Japonais. Le shintô ne promet rien dans une vie future. Il est communément admis qu’on devient soi-même un esprit après la mort. Mais, l’important c’est la vie et le moment présent. L’impermanence des choses ne vaut pas qu’on se projette dans un futur insaisissable. Ce n’est pas la mort en elle-même qui pose problème mais la souillure qu’elle peut entraîner (cause du voyage dans le Yomi). Le shintô se concentre donc essentiellement sur la purification.

    Textes

    Dans le Japon ancien, les prêtres-chamanes étaient des femmes qui entraient en transe pour délivrer le messages des kami et apaiser les esprits. Cet usage demeure dans les campagnes où des femmes aveugles, vêtues de blanc (couleur du deuil et des morts), les itako, tiennent le même rôle et se laisse posséder par les kami. Néanmoins, elles ont assimilé le syncrétisme avec le bouddhisme et récitent souvent des sûtra pour arriver à la transe.
    Les textes shintô ont été rédigés tardivement aux VIIème et VIIIème siècles de notre ère et très influencés par des légendes étrangères. Il s’agit du Kojiki et du Nihonshoki. (Chroniques des choses anciennes et Chroniques du Japon). Il faut rappeler que le Japon n’utilisait aucune écriture jusqu’à l’adoption des idéogrammes chinois aux alentours du Vème siècle de notre
    ère.
    Néanmoins la pratique du shintô est parfaitement dissociée de ces récits mythologiques visant à offrir une légitimité divine à l’Empereur en faisant de lui le descendant d’Amaterasu-Ômikami, la déesse du soleil. Il ne s’agit pas d’une religion du livre.
    Les prières shintô sont dites dans un japonais ancien par les prêtres, les kannushi, assistés des miko (jadis prêtresses et devineresses chamanes). La manière dont les mots sont prononcés est importante, car ils contiennent une force spirituelle (croyance du kotodama) et la beauté et la justesse ne peuvent qu’entraîner le bien. La compréhension par les fidèles est secondaire. D’ailleurs plus personne ne comprend le japonais ancien en 2046.

    Rituels Shintô

    Les rituels consistent en des offrandes et des purifications à des dates fixes. La couleur dominante des sanctuaires (Jinja) est le rouge et ils sont administrés par des prêtres.
    Le shintô célèbre toutes les étapes de la vie, sauf la mort qui est prise en charge par les bouddhistes : présentation des nouveaux-nés à 7 jours, puis des enfants à 3,5 ou 7 ans, mariage. Les autres célébrations sont les festivals à la base liés aux fêtes agraires qu’on appelle simplement matsuri, fête. Pour avoir de bonnes récoltes, être protégé des catastrophes naturelles, on effectue des processions en transportant des mikoshi, des petits sanctuaires portés dans des palanquins, et en effectuant des danses rituelles. Ce sont de véritables fêtes très joyeuses qui célèbrent le bonheur et la pureté. Elles comprennent des spectacles variés : cerfs-volants, concours de tir à l’arc, représentation de théâtre Nô, danses rituelles (kagura), et luttes de sumo. Le combat de sumo est un affrontement rituel et sacré qui écrase le mal, et non un véritable sport. Il est d’ailleurs marqué des traditions shintô, comme la poignée de sel lancée en début de chaque affrontement sur le sol.

    Oracles, porte-bonheurs et objets de culte

    Les trois objets sacrés, symboles du shintô sont le miroir (Yata no Kagami) conservé dans le sanctuaire d’Ise, les joyaux (Yasakani no Magatama), demeurent au Palais Impérial et le sabre (Kusanagi no Tsurugi) qui reste au sanctuaire d’Atsuta. Ils sont l’émanation d’Amaterasu Ômikami, la déesse du soleil, et symbolisent la sagesse, la bienveillance et le courage. Ce sont également les symboles de la légitimité impériale.

    - Les ema sont de petits morceaux de bois derrière lesquels on inscrit une prière, un voeu. Ils sont ensuite accrochés à l’intérieur du sanctuaire pour que le kami les exaucent.
    - Les omikuji sont des bandelettes de papier dévoilant un oracle. Si ce présage n’est pas bon, il doit être fixé à un arbre du sanctuaire pour que les kami annulent le mauvais sort. En 2046, l’omikuji connaît une nouvelle forme sous l’allure de simples cartes pré-imprimées.
    - Les kamidana sont des étagères toujours très propres et bien éclairées sur lesquelles on place une petite tablette avec le nom du mort entre deux petits vases, un peu de riz, d’eau et de sel. Il doit toujours être orienté vers le Sud ou l’Est. Il peut parfaitement côtoyer un butsudan, petit autel bouddhiste.
    - La shimenawa est une corde en paille de riz tressée de gauche à droite, délimitant l’entrée d’un lieu sacré (à la manière du torii, cette grande arche ouverte indiquant l’entrée d’un sanctuaire) ou entourant un arbre ou un rocher pour désigner le territoire d’un kami. Le gohei est une feuille papier pliée qui possède un rôle similaire.
    - Les omamori, sortes d’amulettes, sont de petites pochettes de tissu brodées et fermées par une cordelette. Elles renferment une feuille de papier (ou un petit morceau de bois) sur lequel le charme est inscrit. Il ne faut pas l’ouvrir sinon ce dernier ne marche pas et il n’est valable qu’un an. Il faut ensuite le rendre au temple.

    Syncrétisme shintô-bouddhisme

    Le bouddhisme est arrivé au Japon vers le Vème siècle. Il a été bien accueilli par le shintô qui y a vu plus une aubaine (les bouddhistes s’occupent des morts et donc de l’impureté) qu’un problème. D’un commun accord, les japonais ont décidé que tous les dieux bouddhistes étaient des kami (bouddhas compris) et que les deux cultes pouvaient se compléter. Les Japonais ont même parfois du mal à faire la part des choses. Mais s’ils ne sont pas tous bouddhistes, ils sont tous shintô. Et toutes les cérémonies à part les enterrements, sont d’origine shintô.

    Exorcistes

    Je m’en tape de la volonté de Dieu.
    John Constantine

    Si l’exorcisme est considéré comme un rituel de purification chez les prêtres shintô, d’autres personnes se sont emparées de ces anciennes méthodes pour les adapter à la recrudescence de possessions mystérieuses. Extralucides, médiums ou simples charlatans ont appris à manier les prières et les objets de culte pour chasser les démons ou manipuler la plus sombre des magies. Les Ofuda, ces morceaux de papier inscrits de formules de protectionsont devenus des armes spirituelles
    brûlant dans l’air pour blesser un spectre, les balles des révolvers se sont remplies de sel ou sont marquées du sang d’un mort pour atteindre plus profondément une créature du Yomi.

    Les katashiro et les Anesama-nigyo, ces effigies de papier sont devenues de véritables poupées vaudou capables d’abattre un adversaire ou de repousser leurs germes. La technologie s’est mêlée aux anciennes croyances pour transformer les nouveaux exorcistes en chasseurs de démons, le corps tatoué de dragons et de rituels invoquant les kami.
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