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    Histoire du monde jusqu'en 2046

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    Eden
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    Date d'inscription : 03/08/2012
    Age : 33
    04082012

    Histoire du monde jusqu'en 2046

    Message par Eden

    Les préoccupations de cette première moitié du XXIème siècle n’ont pas véritablement changé, même si elles sont parvenues à interpeller la quasi-totalité du monde. Energie et écologie sont devenues deux thèmes récurrents, surgissant dans tous les débats et les médias internationaux, chacun constatant les méfaits du climat et les conflits autour des ressources énergétiques. Les pays émergeants comme la Chine ou l’Inde n’ont pas eu la possibilité de polluer aussi longtemps que leurs voisins occidentaux, des réglementations internationales issues du protocole de Kyoto les obligeant à limiter leurs rejets dès 2020. Pour endiguer la détérioration inéluctable de la couche d’ozone et la fonte des glaces aboutissant à une montée progressive des mers, les gouvernements ont dû concentrer leurs ressources vers les énergies alternatives et renouvelables, quitte à provoquer des crises majeures dans certains secteurs industriels, peu enclins à abandonner leur part du gâteau. Face au réchauffement de la planète et aux nombreux dérèglements climatiques, aucune population ne pouvait continuer sereinement à réfuter les propos les plus alarmistes et continuer à consommer de la même façon. En particulier celles situées sur les côtes, observant avec horreur certains atolls du Pacifique menacés par les raz-de-marée, provoquant la migration de milliers d’individus abandonnant leur pays pour devenir des «immigrés écologiques».

    Les différentes avancées en matière de nanotechnologie permirent la création de nouveaux matériaux, piles, moteurs, combustibles biomasse et processeurs capables de s’affranchir du pétrole et de diviser par vingt les émissions de gaz à effet de serre. Malgré la pression des états pétroliers, ces énergies alternatives ouvrirent de nouveaux marchés, permettant aux pays en perpétuelle recherche énergétique (comme la Chine) de remettre leur moteur en marche après des années de récession économique, accentuée par une population galopante et peu de terres cultivables. Le Grand Moyen-Orient, déjà en lutte dans de multiples guerres de l’eau, eut du mal à se relever de ce retrait des plus importants pays du monde. Et encore aujourd’hui, malgré des programmes internationaux visant à désaliniser massivement l’eau de mer par des processus biotechnologiques complexes pour venir en aide aux populations les plus pauvres, les pays de l’Orient et de l’Afrique sont les premières victimes du réchauffement de la planète.

    Au milieu de multiples conflits régionaux visant à s’emparer de ressources fossiles ou recyclables, de territoires cultivables, de luttes extrémistes et de lourdes tensions entre l’Inde, la Chine et la Russie, le Japon apparut comme le médiateur de l’Asie. Bien décidés à croître, les gouvernements japonais successifs se lancèrent dans une démarche de diplomatie active, n’hésitant pas à balayer devant leur porte. Préférant suivre le train de la Chine plutôt que celui des USA, le pays du Soleil Levant profita des accords réalisés par l’Alliance Aosis (organisation destinée à élaborer des programmes pour anticiper la montée des eaux) pour mettre en place de nombreux partenariats avec la Chine. Après la réalisation de barrages côtiers et la création de nouveaux biomatériaux destinés à consolider les digues des villes principales, le Japon intégra directement le programme spatial chinois. Cette fraternisation sonna immédiatement comme un coup de tonnerre chez les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis qui soupçonnèrent rapidement le Japon de vouloir utiliser la Chine comme un partenaire militaire. La crainte de voir le Japon recomposer son armée, malgré l’interdiction stipulée dans l’article 9 de sa Constitution, et d’aider la Chine à reprendre Taïwan aboutit à de violentes discordes dans les couloirs de l’ONU. Par défi, le gouvernement Japonais retira tous ses éléments des programmes de la NASA pour offrir sur un plateau à la Chine ses meilleurs chercheurs en matière de génétique et de robotique. Cette conjugaison des savoirs et des moyens, accentuée par une forte compétition avec l’Europe et les Etats-Unis, permit à l’aérospatiale et surtout à la robotique de faire un prodigieux bond en avant.
    Bien décidés à se rendre les premiers sur Mars, les chinois négocièrent la construction d’une base lunaire internationale et le 20 juillet 2044, c’est une équipe de quatorze androïdes Japonais qui se posèrent enfin sur Mars afin de préparer le terrain pour la venue prochaine de tychonautes chinois génétiquement améliorés. Entre temps, biotechnologie, nanotechnologie, informatique et robotique ne cessèrent de s’affiner. Dépassés par les événements, les états occidentaux n’eurent pas d’autre choix que celui de se mettre au diapason, observant le Japon modifiant profondément sa société par des politiques de contrôle des naissances et de manipulations génétiques facilitées par l’absence de lois éthiques.

    Malheureusement, les arrières-pensées de la Chine finirent par terrasser cette alliance technologie et énergétique. En 2044, juste après le lancement de la mission Ophir Planum à destination de la planète rouge, la Chine s’allia avec la Corée du Nord et la Corée du Sud pour fonder la Fédération Panasiatique, destinée à contrecarrer les velléités économiques de l’Inde et du Pakistan. Invité à rejoindre également la Fédération, comme le Vietnam, le Japon refusa en se basant sur son ancienne rivalité exacerbée avec la Corée du Nord. Outré, le Japon choisit de rompre directement tous ses accords passés avec la Chine et de s’allier avec son ennemi l’Inde, afin de compliquer la récupération de Taïwan et de s’assurer un soutien militaire d’ampleur. Dans le même temps, le gouvernement Japonais renforça ses politiques d’indépendance alimentaires et énergétiques sous l’influence du parti politique du Nouveau Kômeitô afin de se couper totalement de son ancien partenaire et de s’auto-suffire.
    Cette gifle entraîna une réaction disproportionnée de la part des chinois et de multiples conflits sur les frontières. La Chine réclama avec force les îlots de Sendaku-shôto possédés par le Japon et arma la Corée du Nord pour répondre à toute attaque orchestrée par l’Etat nippon. Durant deux ans, l’Asie devint le point de mire de tous les pays du monde, observant les tensions diplomatiques et les positions tranchées dignes d’un combat au couteau.

    Le 4 mai 2046, après des mois de disputes et d’actions maladroites, le conflit bascula radicalement suite à un malheureux tour du destin. Un violent séisme d’un coefficient de 8,5 sur l’Echelle de Richter secoua violemment la frontière Est de la Chine et fut analysé par les senseurs de la Fédération Panasiatique comme une simple frappe atomique. Programmé pour répliquer automatiquement en cas d’attaque nucléaire sur ses deux ennemis, l’Inde et le Japon, l’Intelligence Artificielle du centre de lancement frontalier lança une bombe à neutrons à longue portée de plusieurs gigatonnes sur chacune de ses cibles. Le premier missile n’eut guère le temps d’aller bien loin, puisqu’il explosa directement sur le sol de la Corée du Nord après un dysfonctionnement majeur, provoquant des millions de victimes, la destruction de tous les appareils électroniques (dont les androïdes) et de légères radiations. La seconde bombe à neutrons, quant à elle, parvint jusqu’au Japon mais n’explosa jamais. Tous les spectateurs extérieurs observèrent le missile atteindre l’Archipel avant qu’il ne disparaisse dans une bourrasque électromagnétique inexpliquée. Les Japonais, de leur côté, alors qu’ils élisaient un nouveau gouvernement le même jour, virent juste un flash dans le ciel. Une lumière aveuglante éclatant peu de temps après l’apparition d’un vent violent, englobant toutes les îles. Cette bourrasque électromagnétique provoqua un court-circuit de deux heures dans toutes les installations électriques japonaises, grillant les appareils de contrôle de deux avions de grande ligne qui décollaient au même moment de l’Aéroport de Tôkyô. Ces derniers s’écrasèrent dans un quartier proche de leur piste d’envol, réduisant en cendres les centaines de passagers se trouvant à leur bord.

    Mais ils furent les seules victimes provoquées par cette attaque dévastatrice, que nombre d’habitants ne réalisèrent même pas.

    Alors que l’action de la Fédération Panasiatique était condamnée par la scène internationale, la Chine profita de l’incident pour accuser le Japon de disposer d’un bouclier anti-missile inconnu, destiné à le protéger lors de ses futurs desseins. Les rancoeurs et les doutes de certains états occidentaux
    ressurgirent aussitôt, accusant à nouveau le Japon de vouloir préparer une nouvelle armée et de posséder un bouclier capable de le protéger lors d’une guerre nucléaire massive. Dans un redoutable embroglio politique, le Japon, incapable de se justifier et d’expliquer la disparition du missile, devint une sorte de bouc-émissaire au profit de la Fédération Panasiatique. Ces réfutations furent rendues plus complexes par les élections nippones, l’attaque du missile empêchant une nouvelle majorité choisie par les urnes ce 4 mai de remplacer la précédente, obligeant le pays à une sorte de « cohabitation » forcée entre deux mouvances politiques.

    Désormais, les différents pays adverses exigeaient du Japon la remise de ce bouclier, conçu sans nul doute pour pouvoir attaquer massivement la Fédération Panasiatique aux côtés de l’Inde. Menées par la Chine, poussées par l’Europe et les Etats-Unis réglant leurs comptes avec l’état nippon, ces attaques aboutirent à des réponses hostiles du gouvernement Japonais (incapable de se justifier et décidant de ne pas se soumettre) et à la mise en place d’un blocus autour de l’Archipel. Suite à une résolution de l’ONU, diverses flottes internationales furent ainsi placées autour du Japon afin de l’obliger à s’expliquer sur ce bouclier, sur les traces électromagnétiques continuant à balayer son territoire et à accepter un contrôle minutieux de ses forces militaires (la Fédération Panasiatique accusant le Japon de détenir des armes atomiques cachées).

    Accusé de rompre l’article 9 de sa Constitution et le traité de non-prolifération nucléaire, le Japon préféra engager un bras de fer avec le reste du monde. Un étau durant depuis plus de six mois et où commencent désormais à surgir des problèmes de rationnement et de pénurie parmi la population la moins aisée. Comme de nombreuses fois par le passé, la capitale fut rebaptisée sur ordre de l’Empereur afin d’affirmer la volonté du Japon à ne pas céder devant l’ennemi. Tôkyô se nomme désormais Shin-Edo.
    Mais combien de temps pourra tenir le Japon ? Jusqu’où sont capables d’aller les forces étrangères, notamment la Chine, n’hésitant pas à menacer directement
    le Japon depuis l’assassinat d’un de ses ministres par un indépendantiste taïwanais, agissant au nom de la libération du Japon ? Le gouvernement Japonais dit-il la vérité lorsqu’il explique ne rien savoir sur un éventuel bouclier anti-missile ? Combien de temps le gouvernement en place va-t-il pouvoir tenir avant de laisser la place aux nouveaux élus, aux positions politiques bien plus virulentes ? Que s’est-il réellement passé ce 4 mai 2046, jour que les Japonais nomment désormais « l’Incident Kuro » ?

    En 2046, dans un pays où la biotechnologie a compartimenté la société, où les androïdes marchent à côté de l’homme, où la nourriture est clonée, où les nanorobots circulent dans votre sang, les frontières sont bloquées par des Etats exigeant rapidement une réponse. Dorénavant le Japon doit compter sur ses seules ressources pour continuer à subsister, les coupures de courant rappelant sans cesse à la population les conséquences de l’Incident Kuro, tout comme son impossibilité d’échanger ou de communiquer avec le reste du monde.
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